La sécurité des professionnels de l’information connaît une dégradation alarmante à l’échelle mondiale. Selon le rapport 2022–2025 de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), 310 journalistes ont été assassinés entre janvier 2022 et septembre 2025, dont 24 femmes, dans l’exercice de leur métier ou en raison directe de leurs activités professionnelles.
Parmi ces victimes, 162 journalistes ont perdu la vie dans des zones de conflit, illustrant les risques extrêmes auxquels sont exposés les acteurs de la presse dans les contextes de guerre, d’instabilité politique et de violences armées. Ces chiffres confirment que les reporters, correspondants et photojournalistes figurent parmi les premières cibles lorsque l’information devient un enjeu stratégique ou politique.
L’année 2025 apparaît comme particulièrement meurtrière, avec 91 journalistes tués, soit le bilan annuel le plus élevé enregistré depuis 2018. Cette hausse significative témoigne d’un environnement de plus en plus hostile au journalisme, marqué par la montée des tensions géopolitiques, la criminalité organisée et l’autoritarisme dans plusieurs régions du monde.
Au-delà des assassinats, le rapport met également en lumière une multiplication des attaques contre la presse. Les journalistes sont confrontés à des violences physiques, au harcèlement en ligne, à des campagnes de diffamation, à des poursuites judiciaires abusives ainsi qu’à des menaces directes. Dans de nombreux cas, ces pressions forcent des professionnels des médias à quitter leur pays ou à pratiquer l’autocensure, affaiblissant ainsi la production d’une information libre, fiable et indépendante.
Face à cette situation préoccupante, l’UNESCO alerte sur un recul global de la liberté d’expression et sur le renforcement du contrôle des médias par des gouvernements ou des groupes puissants. L’organisation rappelle que l’impunité reste l’un des principaux facteurs de répétition des crimes contre les journalistes, de nombreux assassinats demeurant sans enquête approfondie ni condamnation des responsables.
L’UNESCO appelle donc les États à renforcer les mécanismes de protection des journalistes, à garantir l’indépendance des institutions judiciaires et à lutter activement contre l’impunité. Elle souligne qu’un journalisme libre, pluraliste et sécurisé demeure un pilier fondamental des sociétés démocratiques, indispensable à la transparence, à la redevabilité et au respect des droits humains.
Radio Télé Patriarche
Source : UNESCO


