. CP: 20 Minutes
Les États-Unis ont procédé à l’expulsion de 266 migrants vénézuéliens, transportés par avion et débarqués à l’aéroport international de Maiquetia, à Caracas, au Venezuela. L’opération a été menée malgré les menaces publiquement formulées par Donald Trump de fermer l’espace aérien vénézuélien. Pour réaliser ce vol, Washington a dû demander et obtenir une autorisation officielle auprès de l’Institut de l’aviation civile du Venezuela, conformément aux procédures internationales.
Depuis le début de l’année, plus de 14 000 migrants vénézuéliens ont été expulsés des États-Unis dans le cadre d’un accord bilatéral qui avait permis de relancer un minimum de coopération entre Washington et Caracas. Cet accord reste toutefois fragile, car les relations diplomatiques entre les deux pays sont marquées par une forte méfiance et des déclarations publiques souvent agressives. À Caracas, le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a réagi avec irritation à l’arrivée du nouveau vol.
En commentant l’événement, Cabello a souligné ce qu’il considère comme une contradiction du gouvernement américain : malgré les menaces et les critiques, les États-Unis doivent eux aussi suivre les règles et demander des autorisations pour utiliser l’espace aérien vénézuélien. Il a rappelé ce point avec ironie lors de son émission hebdomadaire, estimant que Washington ne peut pas contourner les normes alors même qu’il accuse régulièrement Caracas de ne pas les respecter.
Parallèlement aux tensions publiques entre les dirigeants, des signes montrent que les deux pays continuent de dialoguer discrètement. Le président Nicolas Maduro a reconnu avoir eu une conversation téléphonique avec Donald Trump dix jours auparavant, une première déclaration officielle sur ce contact direct. Maduro a décrit l’échange comme « cordial », affirmant vouloir privilégier la paix et la diplomatie malgré les différends profonds entre les deux gouvernements.
Pour plusieurs observateurs, la reprise de ce vol d’expulsion peut être interprétée comme un geste d’ouverture de la part du Venezuela, désireux de montrer qu’il reste disposé à coopérer avec les États-Unis. Cette initiative pourrait contribuer à désamorcer partiellement les tensions et à maintenir un canal de communication essentiel, dans un contexte où les enjeux migratoires et géopolitiques continuent de peser lourdement sur les relations entre les deux nations.
Patriarche
Source: RFI

